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Tiers Espace de la...

Appel à contribution Revue Articulation(s), n°1, Eté 2020.

 

« Tiers Espace de la recherche action »

 

Le réseau inter-régional d’acteurs-chercheurs du LISRA (Laboratoire Innovation Sociale par la Recherche Action) et le collectif de recherche DAM (Démocratie Alimentaire dans les Marchés) de l’UMR 951 Innovation ont lancé le premier atelier d’un cycle de rencontres concernant les enjeux épistémologiques du croisement des savoirs, entre l’action et la recherche. L’objectif est de participer à la constitution d’un espace de travail que nous nommons « Tiers espace de la recherche-action ».

 

Ce Tiers Espace, dépasse la simple addition de la recherche et de l’action et se décline d’une hybridation de la recherche et de l’action à un métissage de la recherche et de l’action : l’hybridation pouvant constituée une troisième voie et le métissage plus complexe à résumer serait davantage du ressort du mêlage et de l’entremêlement de liens entre les deux.

Notre hypothèse est que ce type de recherche-action révèle de façon fine les inégalités dans les territoires populaires et protègent les personnes de ces inégalités par l’appropriation des connaissances scientifiques co-produites et les processus par lesquels ces connaissances sont obtenues : une façon de mettre au travail, les processus démocratiques nécessaires pour aller vers une transformation sociale et écologique.

 

L’ouverture d’un “tiers espace de la recherche et de l’action” repose sur trois conditions :

1) L’auto-saisissement : s’il existe déjà des consortiums entre chercheurs et acteurs pour répondre à des appels à projets, il est aussi important en dehors des formes institutionnelle que de « simples » citoyens et des professionnels puissent se saisir des outils de la recherche, convoquer les compétences au service d’une proposition pour laquelle ils s’auto- missionnent alors que c’est actuellement impossible. En revanche l’espace instituant, d’un laboratoire social, par son accessibilité et son accueil inconditionnel permet à chacun de s’autoriser et de légitimer une pratique d’expertise et de production de savoirs.

2) La conjugaison des savoirs : il existe peu d’espaces où le savoir pragmatique de l’acteur, technicien du professionnel, scientifique du chercheur se croisent et quand c’est le cas, c’est rarement de manière égalitaire, car pris dans les logiques non autonomes. Ce qui explique que la « participation » soit comprise par les principaux intéressés comme une injonction paradoxale. La production d’un savoir conjugué permettrait l’émergence d’une intelligence sociale et d‘un chercheur collectif qui seraient pourtant les plus à même de répondre à la complexité contemporaine. L’enjeu ici est celui de la justice épistémique.

3) Le droit à l’expérimentation : si l’expérimentation est mise en avant dans les programmes comme méthodologie de recherche, celle-ci est difficilement généralisée comme outil de développement approprié par les acteurs. Faire entrer l’expérimentation populaire dans une logique de droit permettrait à celle-ci d’être insérée ensuite dans les politiques publiques en reconnaissant le tiers espace comme maîtrise d’œuvre validée à partir d’une maîtrise d’usage. Ce sera également l’occasion de promouvoir des passerelles avec la formation.

 

Cet appel à contribution est ouvert à toutes celles et tous ceux qui sont dans ces pratiques de recherche, à partir d’expériences locales. Ces contributions seront l’occasion de valoriser les différentes expériences en les rendant visibles. En outre,

Ce dispositif veut également faciliter la mise en correspondance et la valorisation entre les expériences régionales, l’autoformation entre les porteurs de recherche-action par la possibilité de s’inviter mutuellement dans l’ouverture de ces espaces réflexifs.

Les contributions attendues concernent essentiellement deux pistes : le retour réflexif d’une recherche-action en situant le point de vue et les enjeux méthodologiques d’une approche réflexive en amont, pendant et après la recherche pour les différents acteurs concernés par la recherche.

Pour chacune des pistes, les questions principales sont : 

- Quel est l(es) élément(s) déclencheur(s) de la recherche-action, comment a été négociée la « commande » (auto-missionnement ou institutionnelle), quel est le rôle des acteur.rice.s et des chercheur.se.s dans le déclenchement ?

- Quel type d’interface d'accompagnement incluant tous les protagonistes institutionnels et non-institutionnels (dispositif croisé ou séparé entre acteur.rice.s-chercheur.se.s et comité de pilotage)

- Quels sont l’espace et la temporalité de la démarche, comment chacun a pu négocier un espace-temps spécifique de la recherche-action dans son environnement socioprofessionnel ?

- Comment a pu s’instaurer ou non une conjugaison des savoirs, selon quel dispositif, comment a été construite la problématisation, où se situe-t-elle (en amont, en aval ?) ;

- Quelles formes a pris la production de savoirs, écrite ou non, académique ou non, qui en porte la signature d’« auteur » et comment s’effectue la valorisation ?

- La recherche-action a-t-elle provoqué un décalage dans les positions entre acteur.rice.s et chercheur.se.s, a-t-il été possible de légitimer une position hybride « acteur-chercheur » ou « chercheur-acteur » ? Quels apprentissages individuels et collectifs dans ce décalage ?

- La recherche a-t-elle permis de pérenniser un tiers espace de la recherche-action, comment les savoirs produits ont pu être ou non réinjectés ou réappropriés dans un processus de transformation sociale par les différents protagonistes ?

 

Les contributions devront respecter les normes d’écriture de la revue.

Voir sur le site de la revue :http://articulations.numerev.com/

Contact : dominique.paturel@inrae.fr


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